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Bonne et vive lecture,
LChe
On dit que l’informatique trouve son origine dans le premier automatisme mis au point par l’homme : le piège à viande.
A l’issue de cette Seconde Guerre Mondiale remportée logiquement par ceux qui avaient les meilleures bêtes de sommes (les premiers ordinateurs), on troqua les cibles contre des cœurs de cible : les banques prirent le relais des armées à la tête l’histoire de l’informatique.
Et ainsi les institutions financières calculèrent plus vite les intérêts toujours plus compliqués de leurs clients. Les clients, bluffés, se mirent à colporter dans leur propre usine à dividendes le concept du traitement automatique des données.
Il se posa alors un problème de taille ... celle des ordinateurs qui physiquement étaient d’immenses armoires pleines de lampes (éteintes = 0, allumées = 1). Qu’à cela ne tienne, on construisit plus haut les gratte-ciel et on réserva un ou plusieurs étages à un nouveau département : ainsi fut adoubé l’informatique en tant que chevalier du progrès.
Durant les années soixante et -dix, on traita automatiquement toutes les données possibles avec ce qu’on avait, c’est à dire du courage essentiellement (l’informatique sévit dans le monde des affaires depuis 40 ans mais l’écran n’a que 25 ans et la souris est à peine majeure).
Un peu comme le parlement de Strasbourg, rapidement, la seule présence des départements d’informatique justifia leur pré-éminence. Las, les projets utiles commençaient à manquer. Et parallèlement, la contestation du petit peuple, resté sur la touche technologique, se faisait manifeste. Ne manquait qu’une révolution pour aller irréversiblement de l’avant.
Cette révolution eut lieu par l’entremise de la micro-informatique. L’informatique pour les microbes permit en effet à tout un chacun de programmer. En révolution qui se respecte, elle eut d’abord à se défaire de la condescendance des grands de ce monde-là qui ne voyaient qu’un bidouillage là où les pionniers du PC et du Mac parlaient de tâches qui leur facilitent-la-vie-le-tout-en-s’amusant. C’était le bon temps, celui où 1999 était dans le cosmos et 2001, dans l’espace.
En bonne révolution, l’esprit nouveau se mua rapidement en totalitarisme. Nous vivons sous ce régime depuis (œillade à Vykinge).
Et l’air se remplit d’un nouveau gaz : la prétention de représenter le monde, tout le monde.
Plus ou moins doucement bercés par cette illusion d’avoir à portée de main de quoi représenter notre univers, nous en oublions que le monde ne pourra jamais être représenté totalement. Las, à force d’y croire, on en est convaincus ... A l’instar de Pierrot qui a fait un beau gâteau, nous avons tendance à nous satisfaire excessivement de nos réalisations : voilà qu’on se réjouit de l’échec d’un Maître face à une machine qu’on dit profondément bleue, voilà qu’on trouve normal que le soleil, la pomme et l’oracle (Sun, Apple, Oracle) soient des marques déposées. Enfin, nous voilà sur le point de laisser un robot passer l’aspirateur à la maison et prendre le volant à notre place.
Merdre, vous n’avez rien vu, n’est-ce pas ?
Tremblez : l’avenir de l’humanité ne s’envisage plus sans informatique.
Or voilà : le bonheur individuel réside dans cette proportion non-automatisable (100% - 97% = 3%) se réduisant de jour en jour.
Il serait salutaire de défendre le seuil de non-informatisation du monde.
Vous êtes pré-venus.
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