Lundi 16 novembre 2009
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17:31
L'heure est à l'hyper-mobilité.
Au travail, quand on l'a perdu.
Ou au travail, pour ne pas le perdre.
On doit pouvoir changer de bureau, de collègues, de supérieurs, de produits à vendre.
Les clients, eux, étrangement, se ressemblent de plus en plus, accros et à cran : à travers le filtre d'un centre d'appel, qui reste-t-on ?
L'heure est à l'omni-contrôle.
Dans la vie, quand on est au travail.
Ou le reste du temps, quand on est en repos.
On doit pouvoir tracer le consommateur (en le flattant), le collaborateur (en le fliquant), l'individu et la masse (en les confondant).
Les vérificateurs, eux, se ressemblent de plus en plus : intransigeants et surnuméraires.
L'heure est à l'archi-sécurité.
Pour soi, en son for intérieur.
Ou pour soi parmi les autres.
On doit pouvoir prévenir tous les maux, des maux qui n'avaient pas de mots avant mais qui maintenant sont des chiffres, des chiffres qui effraient dès lors qu'ils dépassent le zéro, plus que
parfait.
Les libertés, elles, se ressemblent de plus en plus : négociables et soit-disant sur-mesure.
De plus en plus vite.
L'heure tourne, spirale : je ne sais pas ce que je ferai comme métier dans 10 ans, je ne sais plus ce qu'il faudra conseiller à mes enfants, je ne sais plus si ce que je savais est encore...
utile.
Plus nombreux sont les moyens de communication,
moins j'ai le sentiment d'être écouté,
-plus j'ai la certitude d'être surveillé.
Plus jamais ensemble au présent,
au même endroit et pour la même chose
-combien de secondes écoulées, sur ce billet ?
Les âmes s'effacent tandis que se dessinent les contours d'un seul et même consommateur.
Les couleurs et l'emballage donnent l'illusion qu'ils sont des millions, des milliards maintenant, différents.
Mais ils ne deviennent plus qu'un.
Mieux : ils ne naîtront bientôt plus qu'un !
Tout devient flou dans nos représentations.
Il n'y a plus une focale, elles sont dorénavant plurielles : le kaléïdoscope économique a violé les points cardinaux, l'argent partout mais pas pour tous a remplacé l'horizon
par une guirlande.
La mise aux poings,
futur du point final ?
Par LChe
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Publié dans : Fil au-delà
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