En ce moment, ça me travaille pas mal la question de l'âge.
Il y a des jours comme ça.
Hier matin, avant d'aller au travail, je suis allé au bistrot -avant d'enfourcher le scooter et de tracer une parallèle de l'horizon le long de la Promenade des Anglais.
Je vais de temps et temps au café, le matin, avant d'aller bosser, pour éprouver une des dernières fois un plaisir qui disparaîtra bientôt.
Boire un espresso et fumer une cigarette.
Cash, avant d'avoir quoi que ce soit d'utile et de rémunéré.
Là où je vais, le plus près de chez moi à pied, c'est un repère d'autonomistes locaux. Des gens de 30 à plus d'âge, des Nissarts confirmés. Ils parlent entre eux. C'est leur boulot qui les amène là, mais il me semble qu'ils y parlent d'autres choses.
Il y a un vieil homme que je vois toujours siroter un verre de vin rouge.
Cash, à son âge, avant même que j'aie fumé ma première clope.
Je venais de commander ("un café, un verre d'eau, un cendrier") quand il entama un chant de carnaval. A capella. Silence collectif et naturel.
Il a eu un trou à la fin du quatrième couplet.
Il a bloqué sur "confetti".
Il est allé s'asseoir.
A la table à côté de la mienne.
Il y a des jours comme ça.
Je lui ai demandé depuis combien de temps il n'avait pas chanté cette chanson.
Il a réfléchi et m'a répondu soixante-dix ans.
Il m'a dit s'appeler Théo.
- « Théophile, en fait : l'ami de dieu ».
Je lui ai fait remarquer qu'il était plus prudent d'être l'ami de dieu que de l'aimer.
On a un peu bavardé.
De la mémoire et du temps, en définitive.
Je devais m'en aller quand il m'a dit son âge : 83 ans.
Je lui ai serré la main en le remerciant pour cette discussion, au matin de mon anniversaire.
Moi que la question de l'âge travaille pas mal en ce moment.
Moi qui ne savais pas trop quoi penser d'avoir à présent 38 ans.
Il y a des jours comme ça.
Hier matin, avant d'aller au travail, je suis allé au bistrot -avant d'enfourcher le scooter et de tracer une parallèle de l'horizon le long de la Promenade des Anglais.
Je vais de temps et temps au café, le matin, avant d'aller bosser, pour éprouver une des dernières fois un plaisir qui disparaîtra bientôt.
Boire un espresso et fumer une cigarette.
Cash, avant d'avoir quoi que ce soit d'utile et de rémunéré.
Là où je vais, le plus près de chez moi à pied, c'est un repère d'autonomistes locaux. Des gens de 30 à plus d'âge, des Nissarts confirmés. Ils parlent entre eux. C'est leur boulot qui les amène là, mais il me semble qu'ils y parlent d'autres choses.
Il y a un vieil homme que je vois toujours siroter un verre de vin rouge.
Cash, à son âge, avant même que j'aie fumé ma première clope.
Je venais de commander ("un café, un verre d'eau, un cendrier") quand il entama un chant de carnaval. A capella. Silence collectif et naturel.
Il a eu un trou à la fin du quatrième couplet.
Il a bloqué sur "confetti".
Il est allé s'asseoir.
A la table à côté de la mienne.
Il y a des jours comme ça.
Je lui ai demandé depuis combien de temps il n'avait pas chanté cette chanson.
Il a réfléchi et m'a répondu soixante-dix ans.
Il m'a dit s'appeler Théo.
- « Théophile, en fait : l'ami de dieu ».
Je lui ai fait remarquer qu'il était plus prudent d'être l'ami de dieu que de l'aimer.
On a un peu bavardé.
De la mémoire et du temps, en définitive.
Je devais m'en aller quand il m'a dit son âge : 83 ans.
Je lui ai serré la main en le remerciant pour cette discussion, au matin de mon anniversaire.
Moi que la question de l'âge travaille pas mal en ce moment.
Moi qui ne savais pas trop quoi penser d'avoir à présent 38 ans.
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sur le blog de Didier, passeur d'idée(s)
L'insondable vertige de l'éternel présent
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par LChe
publié dans :
Perceault et Lanceval
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