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LChe
Lancée dans la précipitation, la fusion de l'ANPE et des Assédic se poursuit dans la confusion. Et la montée du chômage n'arrange rien.
Son nom a failli être Noé. Il a été jugé catastrophiste. Mais il était peut-être prémonitoire. Car, cinq mois après sa création, Pôle emploi, l'organisme regroupant l'ANPE et les Assédic, fait face à un déluge de difficultés. Les troupes sont fatiguées. A tel point qu'en interne des conseillers lui ont trouvé un petit surnom : Ras-le-Pôle.
Nicolas Sarkozy l'avait promis pendant sa campagne, il lancerait la fusion entre
l'ANPE, agence publique de placement des chômeurs, et les Assédic, structure privée d'indemnisation gérée paritairement. Le projet n'était pas nouveau, mais il était toujours remis. Depuis le 5
janvier, c'est parti : un lieu unique pour accueillir, indemniser et accompagner les demandeurs d'emploi. Pour l'instant, ni la simplification ni l'efficacité ne sont au rendez-vous. Au
contraire. L'augmentation du nombre de chômeurs de plus de 400 000 depuis août dernier aggrave la situation. Mais ce n'est pas la raison de la désorganisation. «Sans cette forte hausse, nous
serions aussi en pleine pagaille», soutient Annie Thomas, de la CFDT, membre du conseil d'administration de Pôle emploi.
Conseillers injoignables
Les demandeurs d'emploi en font les frais au quotidien. Ils s'arrachent les cheveux en essayant d'appeler le numéro unique. Martine Noël, iconographe, a voulu se réinscrire au chômage début mars : «J'ai dû composer le 39 49 pendant quatre jours, près de vingt fois par jour, avant de réussir à joindre un conseiller.» Directeur régional de Pôle emploi en Bourgogne, Pascal Blain reconnaît le manque de disponibilité : «Une personne sur quatre n'arrive pas à nous joindre rapidement, faute de personnel.» Sur place, l'accueil unique n'est pas au point. Conseillère à l'agence de Maromme, dans la banlieue de Rouen, Anne Bérard, ex-ANPE, vient de suivre une formation à l'indemnisation (pendant trois jours !) : «C'était juste une initiation, alors je suis souvent incapable de répondre aux questions des chômeurs sur leurs versements. Certains finissent par s'énerver.» Les rendez-vous mensuels à partir du quatrième mois ont été abandonnés. «Depuis avril, nous ne convoquons plus personne, explique cette conseillère. Nous nous contentons d'envoyer des courriels ou de téléphoner.» Certaines régions organisent des réunions collectives.
Avec la crise, les conseillers sont débordés : ils suivent 120, 200, 250 chômeurs, quand l'objectif de la fusion était de 1 pour 60. «Les inscriptions augmentent de 20 à 30% par mois par rapport à 2008», justifie le directeur général, Christian Charpy. Du coup, 1 840 embauches vont avoir lieu. De plus, certains chômeurs ont du mal à être formés. A cause des nouvelles règles, le nombre de formations en Bourgogne, par exemple, a été divisé par deux en février, avant de retrouver un niveau normal en mars. A Marseille, la conseillère régionale déléguée à la formation, Pascale Girard, s'inquiète : «Pôle emploi doit lancer dans chaque région un appel d'offres pour les formations. Il ne l'a toujours pas fait.»
Calendrier trop serré
En réalité, le rythme imposé par Nicolas Sarkozy n'est pas adapté. Selon Annie Thomas, de la CFDT, «en lançant vite la fusion, selon la demande politique, il était prévisible que nous allions patauger pendant des mois». Directeur général du cabinet Altedia, Xavier Lacoste accompagne souvent des entreprises dans leur fusion : «La préparation est toujours longue, un an au moins. Là, en plus, les statuts - public et privé - n'ont rien à voir. Il fallait davantage étudier les conditions de convergence. Pôle emploi, lui, a cru bon d'annuler l'appel d'offres sur l'accompagnement au changement.» Trop improvisée, la fusion accumule les retards sur le terrain. Problèmes d'immobilier, d'aménagement des bureaux... Le regroupement des agences - les «sites mixtes» - patine : on en compte 90. L'objectif de 950, à réaliser d'ici à septembre, paraît intenable. Le directeur général soutient néanmoins que «90% des sites seront réalisés fin septembre».
Les ex-ANPE aux commandes
Pôle emploi souffre aussi du management de Christian Charpy, ancien responsable de
l'ANPE. Certes, sa tâche est compliquée : charge de travail colossale, pression politique énorme... Mais il concentre les critiques : «J'entends dire qu'il y a des rumeurs sur mon départ,
c'est juste stupide», se défend-il. Certains lui reprochent d'avoir choisi le modèle étatiste de l'ANPE, de tout centraliser. Sur 27 entités régionales, 16 sont dirigées par des anciens de
l'ANPE. D'où le sentiment des ex-Assédic d'être lésés.
Autre problème majeur : la gestion des ressources humaines n'est pas réglée. Négocier avec neuf syndicats se révèle être un casse-tête. Le DRH, venu de Renault, Jean-Christophe Sciberras, en a
fait les frais : il avait choisi de négocier avec les petites organisations réformistes. Les gros syndicats ont eu sa peau. Parti fin janvier, il n'était toujours pas remplacé début mai. «Il
le sera dans les prochains jours», assure Christian Charpy. Les problèmes liés à la consultation des comités d'entreprise ont retardé la nomination des directeurs d'agence. En Bourgogne,
Pascal Blain, qui pourtant juge la fusion utile, fulmine : «Ca me rend fou ! On me demande de gérer une fusion dans une crise jamais vue, et je ne pourrai pas nommer les directeurs d'agence
avant juin. Sur place, les deux directeurs savent qu'il n'en restera plus qu'un. Ils se regardent en chiens de faïence.»
Les ex-Assédic mieux payés
Enfin, le regroupement des salariés crée des situations ubuesques. Comme la nouvelle convention collective n'est toujours pas négociée, les deux statuts et les deux niveaux de salaires cohabitent : les ex-Assédic gagnent en moyenne 46% de plus. Et réalisent nombre d'heures supplémentaires. En revanche, il est compliqué, d'un point de vue administratif, d'en demander aux ex-ANPE. Et les deux systèmes informatiques coexistent toujours. «Nous trouvons les ex-Assédic rigides. Eux, ils trouvent qu'on est trop fouillis, s'amuse Anne Bérard. Le brassage des cultures va pourtant se faire.» Mais l'emploi du temps des prochaines semaines en dit long sur la fusion : les ex-Assédic ne travailleront pas le 22 mai, pont de l'Ascension. Les ex-ANPE, eux, seront en congé le 1er juin, lundi de Pentecôte !
Quand le public est plus efficace que le privé
De plus en plus, Pôle emploi recourt au privé. Pour alléger sa charge, l'organisme a lancé le 1er avril un appel d'offres à des cabinets privés, tels Ingeus, Altedia, Adecco...
Objectif : accompagner 320 000 demandeurs d'emploi en deux ans. L'an dernier, 48 000 chômeurs avaient ainsi été suivis par des opérateurs privés. Ce système existe depuis 2005. Mais qui, du public ou du privé, se révèle le plus efficace ? L'étude qui délivrera la sentence est très attendue.
Selon l'un de ses auteurs, l'économiste Luc Behaghel, le diagnostic sera similaire aux résultats du rapport intermédiaire. Discrètement diffusé en juin 2008, il est sans appel : le service public de l'emploi est bien plus efficace que les opérateurs privés quand il s'agit d'accompagnement renforcé du chômeur (suivi par un seul conseiller, rendez-vous fréquents...).
Si l'on compare les taux de sortie à six mois vers l'emploi, l'avantage d'un accompagnement dans le privé est de 1,2 point de pourcentage, un résultat donc négligeable. En revanche, pour un suivi dans le public, il est de 9,2 points. Et les coûts y sont moindres : d'après Pôle emploi, l'accompagnement renforcé dans le public coûte 1 200 euros par chômeur, contre 2 200 à 6 000 euros dans le privé.
DUALITE
Salariés
Ex-ANPE : 29 838
Ex-Assédic : 14 837
Formation au nouveau métier (d'ici à septembre)
Ex-ANPE : 3 jours (3 semaines auparavant pour un nouveau aux Assédic)
Ex-Assedic : 7 jours (6 mois auparavant pour un nouveau à l'ANPE)
Je trouve scandaleux que Pôle Emploi (qui recrute de façon anonyme et à grande échelle) oublie les employés qui ont déjà été en CDD et qui ont été «remerciés» comme moi ; parce que leurs contrats cumulés auraient obligé Pôle Emploi a les transformer en CDI .
Quand je dis qu’il « oublie » les CDD, c’est qu il n’a pas pris la peine de proposer une embauche a toutes ces personnes dans mon cas ; qui ont sacrifiés leurs temps, leurs vacances, pour travailler en remplaçant le personnel ou en cas de besoins ponctuels.
En tant qu’agent d’accueil, j’ai été placée devant les gens sans avoir été formée (ce qui est très difficile) et j’ai su m’adapter, acquérir les compétences, bien faire mon travail, dans l’espoir qu’un jour ; je soie gratifiée d’un CDI.
Pourquoi l’institution a t’elle oubliée les personnes comme nous alors qu’elle a bien été contente de nous trouver durant toutes ces années ?
Pôle Emploi n’a aucune reconnaissance pour des employés qui ont acquis, par leur persévérance, l’expérience nécessaire à l’accomplissement de leur mission ; qui ont, comme moi, satisfait à toutes les exigences demandées et obtenu les recommandations de leurs supérieurs (sans quoi on ne nous aurait pas renouvelé nos CDD plusieurs fois).
J’ai été sur le site de recrutement (car il n’y a pas d’autre moyen !!!) et j’ai peur que l’expérience que j’ai pu accumuler (entre 2003 et 2009 en plusieurs contrats) ne serve à rien et que les sacrifices et l’engagement que j’ai fourni passent inaperçu dans la masse de candidatures. Je suis désolée de constater que ; même avec l’envie et les capacités que je possède ; du nombre de postes disponibles à pôle emploi, que je sois obligée d’en passer par là. Je sais pertinemment que mes chances d’être recrutée par ce biais sont minces alors que j’ai, me semble-t-il, déjà fait mes preuves.
Pour conclure, comment une institution telle que pôle emploi dont le but est d’aider les gens à trouver un emploi ou une formation est-elle capable de traiter ainsi ses propres employés. La pratique du CDD « JETABLE » ne devrait pas exister et encore moins au sein de POLE-EMPLOI. Et une dernière chose ; quand Pôle emploi dit qu’il recrute 1800 personnes, il oublie de dire qu’il a fait le ménage avant parmi tout les CDD qui pouvaient cumuler plus de 18 mois de contrat ce qui aurait impliqué leur embauche sous CDI."
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