Nota bene


En cette cinquième année (!), le rythme est en principe d'un billet par semaine.

En principe :-)

 

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Bonne et vive lecture,

LChe

 

 

Interactivisme


ChampG, le blog collectif des Freemen
est un réseau de blogs dont les auteurs sont convaincus que :

• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».

Les Freemen s'accordent au moins sur les deux affirmations ci-dessus et s’engagent simplement à linker les autres. L’objectif est de donner plus de visibilité à chacun, et à l’ensemble. De donner de la voix à tous les indépendants, à tous les esprits libres. Chacun, comme le nom Freemen l’indique, pense et écrit toujours ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus formera petit à petit une nouvelle «chaîne», un nouveau «journal», chacun parlant de ce qu’il veut, politique certes, mais aussi art, culture, actu, etc.

Chacun s'engage à publier, au minimum, une fois par mois, un post sur l'un des deux thèmes des freemen, soit en l'écrivant, soit en rééditant partiellement ou intégralement l'un des posts déjà publiés sur un blog freemen

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Bombe exquise
   
Ô toi le libertaire, tu te crois martien ; respire, prends ton vélo, regarde ta webtv : tu as le pouvoir de changer le monde et l'avenir du climat par la décroissance ou l'altercroissance, la construction écolo et l'achat de produits écolo et de papier recyclé; un monde différent est possible sans pauvreté, grâce au simulateur crédit et à une politique systémique de développement durable pour l'environnement et une réflexion sur les nano techno et ogmnucléaire. La chanson du chercheur de vérités proclame : I have a dream.




Samedi 30 avril 2005

 

Sur le passage piéton, celui du chauffard qui ne m'avait pas vu, celui du conducteur que je mets en retard en passant devant lui et celui du débutant qui regardait dans son rétroviseur.

 

Dans l'avion, celui de cette femme charmante mais timide, celui du nourisson qui cherche désespérément celui de sa maman partie en pleurant se réfugier aux toilettes et celui de mon voisin, un homme d'affaires, agacé par notre promiscuité durant dix heures de vol.

 

Dans le couloir, celui du chirurgien qui vient d'opérer, celui du prisonnier qui revient du parloir, celui du président qu'on voit pour la première fois, celui d'un fou.

 

Dans la rue, celui des ados qui s'embrassent avec ostentation, celui du commercial entre deux rendez-vous, celui du couple qui se déchire, celui du maître dont le chien me fait peur, celui d'une belle altière qui téléphone en marchant, celui de la vieille qui craint la chute.

 

Dans l'enfance, celui des adultes quand ils sont attristés par quelque chose qu'on ne comprend pas, celui des grands qui auraient voulu sortir seuls, celui des voisins qui ne nous aiment pas, celui de papa, celui de l'amant de maman, celui du frère qui ne vient pas.

 

Dans la découverte de l'amour, celui de Sandra qui la première a eu des seins, celui de Claude qui est une fille, celui de Big et Jane après l'avoir fait pour la première fois, celui de ces femmes incroyables sur papier glacé.

 

Dans l'ivresse, celui de tous, celui des gens sérieux, celui des abstèmes, celui de celui qui est encore plus saoul.

 

Dans ta vie sans moi, dans tes rêves depuis que je n'y suis plus, dans la vie sans nos morts, dans l'instant et l'instinct, ces regards qu'on n'a pas eus et qu'on n'aura jamais plus.

 

Par LChe - Publié dans : Les à-faire
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Jeudi 28 avril 2005

 

C'est dimanche. Un de ces dimanches du quotidien.

Le quotidien est celui de la Réunion, le JIR, le Journal de l'Ile.

La Une est accrocheuse, comme souvent.

Le titre principal est horrible, on s'y fait.

 

Pour se protéger, on ricane à part soi : le congélateur conserve durablement la mort.

On lit l'article, quand même (*).

A la Une du Journal de l'Ile de la Réunion, dimanche 24 avril 2005

 

 

C'est tout frais... On ne sait pas pourquoi. On sait juste que les gendarmes ont emmené 4 enfants dont le papa a mis la maman dans le congélo après l'avoir tuée.

 

C'est livré tel quel. A suivre !

Assis dans son dimanche, on irait presque vérifier le congélateur.

 

 

Le lundi, on a oublié, bien sûr.

Mais la deuxième nuit a dû faire son oeuvre : le mardi, on retrouve le Quotidien.

On lit l'article, avec empressement ! (*)

 

A la Une du Journal de l'Ile de la Réunion, mardi 26 avril 2005

 

 

Deux jours ont suffi aux enquêteurs pour tout comprendre.

C'était donc ça.

 

Le cauchemar laisse songeur.

 

Du fait divers naît le mythe, du quotidien, la perpétuité.

 

 

L'adversaire de l'Adversaire...

Mathématiquement, soi-même.

 

 


(*) Avis aux amateurs : entre temps, l'article a sombré dans les archives payantes de Clicanoo.

 

Recommandations

->  Lire la brève des Editions Hermaphrodite : « Il tue sa femme pour ne pas perdre la face, le couperet  ne cesse de tomber... »

->  Une fiche de lecture du roman d'Emmanuel Carrère, l'Adversaire

->  Le site du film qui en a été tiré

Par LChe - Publié dans : L'avis en direct
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Mardi 26 avril 2005

 

- Allo, Monsieur C... ? Je suis Jean-Yves, je travaille pour la Sofrès et je voudrais savoir si vous acceptez de participer à une enquête téléphonique. Vous acceptez ?

- ...

- Cela nous prendra entre 10 et 15 minutes. Vous acceptez ?

 

Chez moi, il y a de l'eau qui bout et des pâtes qui viennent d'y plonger.

Des spaghettis n° 8. Onze minutes.

 

- Oui. J'ai 10 minutes.

- Alors allons-y. Ce sondage nous a été commandé par l'Assedic à propos de son offre de services.

 

Les Assedics ? 22 ! Moi qui résidait dans l'anonymat et le hasard en tant que composant unitaire d'un échantillon représentatif, j'adopte cette posture qui s'empare de vous, qui que vous soyez, lorsqu'un policier vous demande vos papiers, lorsqu'un chirurgien se dirige vers vous qui rendez visite, toujours vous dont le nom déchirait le silence lorsque le professeur cherchait la tête brûlée qui répondrait à sa question.

Méfiance, donc.

 

- Utilisez-vous les services que l'Assedic met à votre disposition en composant le 0812 12 12, répondez par a, tout à fait, b, plutôt vrai, c, peut-être et enfin d, jamais ?

 

Je peux pas m'empêcher. Je dois réfléchir à la question avant de répondre. Je sens qu'on a peu de temps. Parce qu'il a son quota, parce que j'ai mes pâtes, parce qu'on entend dans mon silence ses conditions de travail. Mais quand même : "peut-être" comme choix de réponse pour un institut statisticien... La méfiance et l'urgence me poussent au a. Tout à fait (comme devrait le faire tout indemnisé des Assedics ?).

 

- Tout à fait.

- Merci Monsieur C... Passons à la question suivante : lorsque vous utilisez les services de l'Assedic en composant le 0812 12 12, vous obtenez généralement l'information que vous recherchez ? Répondez par a, tout à fait, b, plutôt vrai, c, peut-être et enfin d, jamais.

 

Il va me laver le cerveau comme ça tout le long du questionnaire ? C'est que moi, JE NE VEUX PAS connaître par coeur le numéro des Assedics. Ni les quatre réponses à chaque question !

 

- Dites...

- a, tout à fait, b, plutôt vrai, c, peut-être et enfin d, jamais

- Dites, Jean-Yves (je m'adresse à l'homme). Je suis d'accord pour répondre à vos questions mais épargnez moi leur contenu commercial et rigide.

- Pardon ?

- Je continue à vous répondre à condition que vous ne répétiez pas systématiquement les slogans, les numéros de téléphone et la liste exhaustive des réponses.

- Je suis désolé, je ne peux pas faire ce que vous me demandez.

- D'accord... vous devez respecter des consignes. Je vous demande simplement de couper les choses inutiles, vous comprenez ?

- Ecoutez, Monsieur C..., je suis une procédure qui doit être rigoureusement respectée (!). Notre travail est contrôlé.

- Okay, vous êtes écouté. Alors voilà, je le déclare aussi à vos supérieurs, vos supports de sauvegarde des appels pour preuve, je refuse de répondre à vos questions sauf si les videz de leur... dépersonnalisation (!!!).

- ...

- ...

- Lorsque vous utilisez les services de l'Assedic en composant le 0812 12 12, vous obtenez généralement l'information que vous recherchez ?

- ...

- Répondez par a, tout à fait, b, plutôt vrai, c, peut-être et enfin d, jamais.

 

Ca va pas le faire... On n'est qu'au début du questionnaire et il est évident que c'est une chance que la vie ne m'ait pas fait rencontrer Jean-Yves avant.

 

- Vous n'avez pas compris ce que je vous ai expliqué ?

- JE NE PEUX PAS !

 

Ne sort-il pas de la trame d'enchaînement, là ? L'ivresse de la sortie de route, il continue :

 

- Ecoutez, Monsieur C... Je vous ai demandé si vous aviez 10 à 15 minutes à consacrer à mes questions, vous avez accepté alors jouez le jeu et répondez à mes questions sans les commenter, je vous prie.

 

Il s'énerve ? On est toujours sur écoute au moins ? Je n'avais jamais songé que ce peut-être pour protéger le client... En attendant l'arrivée des gendarmes, il ajoute :

 

- Je suis à mon travail, je ne fais pas ce que je veux. Vous, vous êtes à la maison, vous ne travaillez pas, ça vous coûte quoi de me consacrer 10 minutes sans réfléchir ?

 

Il est fou.

Qu'est-ce que l'Assedic va faire des résultats d'une enquête réalisée par ce type ?

Soudain, de la méfiance je passe à la paranoia : quelle conséquence pour les chômeurs, à long terme ? Vive le cinquième élément, je conchie définitivement l'alphabet de ses réponses :

 

- Jean-Yves, on va arrêter là.

- ...

- ...

- Vous êtes méchant.

 

Au secours !

 

- Depuis un an que je travaille, j'en ai déjà eu 2 dans votre genre.

- Jean-Yves ?

- Monsieur C... ?

- Au revoir.

- Monsieur C..., une dernière chose ! La prochaine fois qu'on vous demande de répondre à un questionnaire, dites non.

 

Les pâtes trop cuites passent définitivement au second plan.

 

Mes pensées rejoignent cette nébuleuse perplexe qui abrite les expériences dont je n'arrive pas à percevoir le côté positif. La dernière en date, avant que Jean-Yves n'y apparaisse en trombe, c'est cette mendiante déguisée en femme voilée afin d'attirer un nouveau segment marketing.

Par LChe - Publié dans : Le monde dû travaille
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Lundi 25 avril 2005

 

Faire une soupe aux légumes, inventer un gâteau, dessiner une pâtisserie, apprendre à lire l'heure en regardant la position du soleil, passer une journée sans regarder l'heure, passer une semaine sans regarder la télévision, lire un roman à l'eau de rose, prendre une douche froide, prendre un bain d'une heure, en fin de bain, laisser se vider la baignoire sans sortir, jeûner un soir, inviter des amis pour un breakfast, se faire un nouvel ami, dire à quelqu'un qui parle trop de se taire, dire à quelqu'un qui ne parle jamais de faire un effort, rester 1 heure aux toilettes, passer un jour entier sans quitter le lit, ne pas fumer une cigarette qu'on vient d'allumer, fumer une cigarette, reprendre contact avec quelqu'un qu'on a pas vu depuis 10 ans, ne pas utiliser le téléphone pendant une semaine, écouter une émission à la radio comme on regarde la télévision, aller au cinéma voir 2 films de suite, aller au théâtre, apprendre à reconnaître une constellation dans le ciel, assister à l'aube, assister au crépuscule, se renseigner sur l'heure bleue, savoir qui était son arrière-arrière grand-père, parler de sa grand-mère à un collègue de travail, répondre « non » à la question : « ça va ?», deviner le temps du lendemain, voir un arc-en-ciel, faire une nuit blanche, boire une bière blanche, face à une nouvelle connaissance, se présenter comme pompier, écrire une lettre à un magazine, lire une bande dessinée dans un magasin, déchirer un billet de 50 euros, apprendre dix mots nouveaux, apprendre une poésie par cœur, réciter une poésie lors d'une soirée, écrire une lettre de 5 pages à quelqu'un qu'on connaît peu, écrire une nouvelle de science-fiction d'une page, dessiner une poire, goûter quelque chose que l'on se souvient détester, goûter un fruit que l'on ne connaît pas, lire une page du Coran, lire une page de la Bible, envoyer un email, compter jusqu'à 100 à haute voix, imiter 5 personnalités, imiter 2 de ses proches, vérifier l'état de sa roue de secours, se souvenir d'un rêve, raconter un rêve lors d'une soirée, laisser pousser ses ongles 15 jours, un jour, ne pas se coiffer, sortir après s'être fait une frange, faire des gargarismes, expliquer à un enfant ce qu'est l'huile de foie de morue, choisir un pays dont on ne connaît que le nom et acheter un livre à son sujet, définir sa vie en 10 mots, faire une liste de 10 questions que l'on se pose, regarder le journal télévisé sans le son, écouter un disque de musique allongé sur un divan, dormir chez un ami, manger une tablette de chocolat, nettoyer les vitres, changer l'étiquette sur la boîte aux lettres, écrire un poème, apprendre à compter jusqu'à 3 en arabe, faire un feu, jouer au loto et offrir son billet avant le tirage, recopier une page d'un livre qu'on aime, réciter l'alphabet à l'envers, écrire sur une feuille le prénom de tous ses amis, se réveiller à 3 heures du matin, faire un repas tout cru, acheter un disque d'un genre qu'on ne connaît pas, observer une partie de son corps qu'on ne voit pas habituellement, faire éclater une bulle de chewing gum, trouver un nouveau bruit avec sa bouche, essayer un instrument de musique, rêver d'un voyage que l'on ne fera jamais, trouver cinq bonnes raisons d'être content de soi, trouver cinq bonnes raisons d'aimer l'autre, faire bouger ses oreilles, marcher pieds nus, dormir tout habillé sur le canapé, laisser la vaisselle attendre le lendemain, faire un avion en papier, cueillir un bouquet de fleurs, faire des gaufres, inviter son voisin à boire le café, écrire un message qui se lit dans un miroir, calculer le nombre de jours qu'on a vécu, ne pas utiliser la carte bleue pendant une semaine, écrire avec un doigt « devine ? »  sur le dos de l'autre, lire un roman de Victor Hugo, faire un bonhomme en pâte à modeler (ou une statue en argile), se souvenir ce qu'on faisait il y a 15 ans exactement, s'endormir la lumière allumée, dîner aux chandelles, dire à un inconnu qu'on trouve beau qu'il est beau, dire à une amie qu'on trouve belle qu'elle est belle, mettre en scène une fable de La Fontaine, écrire une phrase de la main gauche, essayer de jongler avec 3 oranges, compter ses cheveux blancs, compter ses rides et ridules, compter ses grains de beauté, étudier la langue des signes, compter combien de temps on tient sans respirer, apprendre à faire un nouveau nœud, faire une dictée, mettre à fond la chaîne hifi, prendre le train, retrouver la plus belle photographie qu'on ait jamais faite, se comparer tel qu'on est aujourd'hui à une photo de soi il y a 10 ans, se comparer tel qu'on est aujourd'hui à une photo de soi il y a 20 ans, imaginer son visage dans 10 ans, estimer le nombre de fois qu'on a fait l'amour dans sa vie, compter le nombre de personnes à qui on a dit : "je t'aime", estimer le nombre de fois qu'on a dit : "je t'aime" au cours de l'année passée, inventer un rébus, planter un arbre, voir un film asiatique en version originale, offrir un proche à un ami sans raison particulière, apprendre les différentes sortes de nuages, écouter une discussion à une table voisine, laver des habits à la main, observer des taches de rousseur, faire la liste de ce que l'on possède de plus précieux, passer un coup de téléphone, au hasard, quelque part en Afrique, arracher toutes les pages de publicité que contient un magazine, demander à sa mère ce qu'elle a fait le jour de ses 18 ans, changer complètement l'agencement d'une pièce de son intérieur, faire une partie d'échecs, fixer un inconnu du regard jusqu'à ce qu'il s'en aperçoive, résoudre un exercice de mathématiques, se débarrasser de vieux habits, repriser des chaussettes, recoudre un bouton, amener la voiture au lavage et rester à l'intérieur, préparer des bananes flambées, faire une fondue au fromage, faire une fondue chinoise, faire une fondue au chocolat, demander à son voisin un ouvre-bouteilles, faire son autoportrait, essayer de s'imiter en se caricaturant, définir 3 phantasmes sexuels, crier en société, s'exprimer en vers pendant un quart d'heure, donner une heure improbable à quelqu'un qui la demande, demander l'heure à un passant, aller à son travail avec 1 heure de retard sans se justifier le moins du monde, caresser un chien, faire ronronner un chat, faire un sprint sur 100 mètres, monter 3 étages en courant, prendre une douche en t-shirt, écrire à un être cher disparu, marcher sur les mains, se faire masser, faire des chatouillis, se rappeler d'une blague vraiment marrante, inventer une histoire drôle, créer une grille de mots croisés, participer à un concours sur une boîte d'emballage, faire un puzzle, apprendre faire des ombres chinoises, compter le nombre de nationalités que l'on connaît à travers ses amis, compter ses amis, trouver la personne pour laquelle on s'inquiète le plus et se demander pourquoi, penser qui l'on serait volontiers si l'on était pas soi, faire un palmarès des films qu'on préfère, se trouver une autre signature, savourer un space cake sans savoir l'effet que cela fait, se faire un masque d'argile, parler une langue étrangère tout au long d'un repas, être la dernière personne à partir dans une soirée, calculer combien d'argent on a déjà gagné dans sa vie, faire rougir quelqu'un, imiter quelqu'un de très malheureux, imiter un simple d'esprit, imiter un grand intellectuel, imiter quelqu'un du sexe opposé, imiter un bébé, imiter un adolescent, imiter un vieillard, imiter le diable, imiter quelqu'un qui imite mal, conjuguer un verbe à tous les temps, trouver son insulte préférée, faire un classement des couleurs, par ordre de préférence, suivre la course d'un oiseau dans le ciel, décliner sa tessiture d'un seul souffle, imiter un instrument de musique, pleurer, assister à une cérémonie religieuse, écrire au courrier des lecteurs de son quotidien, effeuiller une fleur, lancer un mets et le rattraper avec la bouche, enterrer un objet précieux, préparer une bouteille à la mer, danser un slow, écrire une lettre de démission, écrire une lettre de candidature à une annonce récente, jouer à pierre-feuille-ciseaux, chanter une comptine, faire ses courses au marché, ne pas mettre les pieds dans un hypermarché pendant 1 mois au moins, rentrer dans une grande surface et sortir les mains vides, rentrer dans une boutique de lingerie, peindre un mur en ocre,  écouter trois fois de suite la même chanson, nager nu dans une rivière, se sécher au soleil, rentrer dans une parfumerie, assister à un match de football, réorganiser le rangement de sa bibliothèque, relire son courrier d'antan, écrire à la dernière personne qui a téléphoné, téléphoner à la dernière personne qui a écrit, faire sa carte de visite, parcourir le catalogue d'un voyagiste, jouer au tiercé, écrire en police 18, jouer aux dames, manger en inversant les couverts, faire un repas en inversant l'ordre des plats, faire 25 mètres en apnée, faire de l'apnée dans sa baignoire, en sortant de la douche, laisser le temps sécher son corps, lire les lignes de la main de l'autre, s'informer sur la cartomancie, s'embrasser sur le miroir, lire une revue en anglais, aller au sauna, se laisser guider par l'odeur du pain chaud, se souvenir d'un moment à partir d'un parfum, jouer à ni oui ni non, faire peur à un ami, apprendre les pas du mambo, danser une valse, manger japonais, boire une vodka glacée, boire un whisky on the rocks, faire un tour de manège, se faire une permanente, organiser un goûter, organiser un repas de minuit, prendre un bain à 2 heures du matin, allumer un pétard à Nouvel An, écrire un article militant, se faire des tresses, garder une mèche de ses cheveux, s'inventer un curriculum vitae

Par LChe - Publié dans : Les à-faire
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Samedi 23 avril 2005

 


Cliquez sur Barbie pour qu'elle vous parle de Gilles

 

Barbie est figée à l'image. Cliquer sur elle fige.

D'abord, rien. Elle parle en anglais. Au premier imprévu, on devine la potacherie. On n'en rit plus et l'on va tourner la tête. Au second imprévu, on regrette d'avoir eu l'attention attirée. On s'ennuie (si vite sur le web). On va partir quand elle nous capte l'ouïe. On regarde, médusé. Peut-être par réflexe pudique, on détourne le regard (vers le coin de l'image quand on est internaute). Et l'on voit à côté de Barbie (en toutes lettres) deux mots en jaune.

Tandis que ça crie et bouge à l'écran, il faut quelques instants pour traduire puis retrouver le sens de ces mots en français. 

On se souvient.

On comprend.

Et l'on se fige.

Dégourdi à nouveau, je pense à ceux qui sont atteints par le syndrôme Gilles de La Tourette. Je me souviens des mots de quelques-uns de ces maudits qui vivent en permanence un cauchemar -sauf la nuit. Leurs tics n'ont pas d'éthique (voir le syndrôme et ses troubles).

 

Alors qu'ils peinent à vivre en société, ils sont en plus mécompris. Leur maladie reste confidentielle. Leurs maux sont cachés. Aucun des médicaments connus à l'heure actuelle n'élimine entièrement les symptômes.

 

Barbie, toujours en poupe, propose une nouvelle thérapie... à l'attention de ceux qui ont rencontré sans comprendre ceux qui en souffrent.

 

Pour en savoir plus sérieusement : Association Française du Syndrôme Gilles de La Tourette

Par LChe - Publié dans : Plus ou moins Net
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